PRATIQUE MATH

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Nouveaux programmes de seconde

On aimerait comprendre ...

mercredi 10 juin 2009, par Alfred Bartolucci

A propos des nouveaux programmes de seconde, quels sont les arguments du non changement annoncé ?

Dans la proposition, désormais abandonnée de programmes pour la seconde, il y avait de quoi surprendre agréablement à la fois sur la forme et sur le fond.

  • Sur la forme, pour les 7 sections (Fonctions 1, Fonctions 2 ; Géométrie 1, Géométrie 2 ; Statistiques et probabilités 1 ; Statistiques et probabilités 2, Algorithmique) trois apparaissent deux fois. Pour chaque section désigné par 1, il y avait sans doute l’intention de d’assurer et de consolider les bases de mathématiques nécessaires à toutes les poursuites d’étude du lycée. Cette vision semblait intéressante car elle ne posait pas la « partie 1 » comme un préalable à la « partie 2 » mais comme complémentaire. En effet, il était précisé que chaque section « doit nourrir les problèmes proposés aux élèves tout au long de l’année scolaire ». Ainsi fonction 1 n’est pas le préalable à fonction 2 mais un périmètre d’activités problèmes qui a sa propre cohérence. A la lecture nous y avions vu une conception de la formation par compétences et par paliers de maîtrise. Ce point, nous paraissait une avancée significative par rapport aux programmes actuels ... mais aussi par rapport aux nouveaux programmes issus du simulacre de consultation qui y a conduit.
  • sur le contenu, les entrées des sections (fonctions, géométrie, statistique et probabilités) ainsi que l’introduction de l’algorithmique et le choix des sujets des trois thèmes d’étude (Cryptologie et codage, Utilisations de la théorie des graphes, Phénomènes d’évolution) étaient propices à tenir objectifs tournés vers l’implication des élèves réels de seconde :
    • pratiquer une activité expérimentale ou algorithmique ;
    • modéliser et s’engager dans une activité de recherche ;
    • conduire un raisonnement, une démonstration ;
    • faire une analyse critique ;
      Ces choix me paraissaient plus adaptés à intéresser et mobiliser un plus grand nombre d’élèves de seconde : les savoirs en jeu ouvraient sur des activités plus dynamiques et impliquaient un formalisme plus abordable.
      Une évidence semble difficile à admettre à certains décideurs. Tous les élèves de seconde ne se destinent pas à faire des mathématiques « de haute voltige ». Maintenir cet abus auquel on s’est trop accoutumé est absurde. A moins qu’on ne soutienne le choix d’une sélection par les maths (la classe de seconde permettant de repérer par l’échec de ceux qui ne peuvent pas, « ceux qui peuvent faire S »), la première mouture des nouveaux programmes de seconde était plus adaptée à une formation par les mathématiques et aux mathématiques sans provoquer des blocages et des échecs dévastateurs.

L’interrogation qu’on peut avoir, avec un sentiment de gachi, est pourquoi est apparue cette version au moment même où on pensait que la réforme du lycée était en pause et comment une consultation en deux mois (mi-mars à mi-mai) a-t-elle pu modifier en ce point des options qui paraissaient bien pensées ? Chacun peut trouver des justifiations pour ou contre tel texte de programme et surtout les motivations qui les sous tendent, mais il serait bien qu’une commission qui a pris du temps pour cela en apporte les éclairages.

Autant dire, que tout cela, laisse une impression « d’arrangements entre amis », bien loin de ce qui devrait présider à une réforme du lycée qui reste un lieu où les élèves échouent beaucoup notamment en mathématiques... La motivation des élèves, leur travail personnel ne sont pas les seules variables en cause.