PRATIQUE MATH

Accueil du site > HUMEURS, FAITS A PENSER , LECTURES , ... > Refondons l’Ecole de la République

Refondons l’Ecole de la République

Quels changements à venir ?

lundi 26 novembre 2012, par Alfred Bartolucci


Vous souhaitez faire une remarque ? C’est ici.

Une démarche de concertation sur trois mois

  • La refondation de l’École est une priorité fixée à l’action gouvernementale par le Président de la République.
  • La démarche adoptée marque que l’engagement et le rassemblement de tous est une nécessité.
  • La concertation pour définir les grands choix éducatifs a eu lieu du 5 juillet au 9 octobre 2012 associant 23 ministères et a mobilisé plus de 800 membres et près de 8 200 internautes.
  • Sous la responsabilité d’un comité de pilotage, des groupes de travail ont été organisés autour de quatre grandes thématiques :
    • La réussite scolaire pour tous
    • Les élèves au cœur de la refondation
    • Un système éducatif juste et efficace
    • Des personnels formés et reconnus ».
  • Des initiatives décentralisées en régions sous forme de forums et de débats ouverts, co-organisés avec des partenaires (collectivités locales, universités, associations…), ont contribué aux débats de la concertation.

Vers une Loi d’orientation de l’E.N.

  • La remise du rapport de la concertation par le comité de pilotage marque le début des prochaines étapes de la refondation de l’École de la République :
  • Après la remise du rapport : consultation avec les partenaires de l’École (organisations syndicales, associations d’élus, mouvements d’éducation populaire, associations de parents d’élèves, représentants lycéens et étudiants).
  • Jusqu’à fin octobre : préparation du projet de loi d’orientation et de programmation
  • Mi-décembre : présentation du projet de loi en conseil des ministres
  • Janvier 2013 : début du débat parlementaire
Pour consulter le rapport

POURQUOI REFONDER L’ÉCOLE ?

  • 1. Des résultats qui baissent.
    • Après une progression de l’accès aux voies technologies et générales (1980), renversement de tendance (voie générale)
    • Résultats juste moyens aux enquêtes internationales (PISA ; PIRLS)
    • En compréhension de l’écrit le % d’élèves de 15 ans en forte difficulté passe de 15% en 2000 à 20 % en 2006
  • 2. Des inégalités qui se creusent dans l’École et mettent en danger le projet républicain
    • 71,6 % de bacheliers en 2011 (40,7% des enfants d’ouvriers non qualifiés et 87,6 % des enfants de cadres supérieurs).
    • La France est l’un des pays de l’OCDE où le facteur socio-économique est le plus déterminant dans la réussite des élèves.
    • Disparités filles garçons : meilleure réussite des filles mais pb d’orientation
    • Ambigüité des offres pour prendre en compte l’hétérogénéité entre ets.
    • La régionalisation a de fait rendu caduque le principe « d’égalité de traitement » : les établissements ne disposent pas des mêmes moyens.
  • 3. Une concurrence scolaire exacerbée
    • La progression de l’accès aux diplômes fait que de n’avoir aucun diplôme constitue un plus lourd handicap en termes d’insertion sociale et professionnelle : durée avant insertion plus longue de l’OCDE.
    • Dans chaque famille la course au diplôme crée de l’anxiété et favorise des rapports consuméristes à l’école ainsi qu’une course aux cours particuliers
  • 4. Une confiance qui s’effrite
    • La politique de massification a été réussie en terme de flux, mais n’a pas su gérer l’hétérogénéité dans les classes.
    • Les dispositifs d’aide se sont révélés souvent des impasses
    • Les passerelles prévues
  • 5. Un mal-être qui s’installe
    • Le sentiment chez les élèves de bien être ou d’inclusion dans l’institution scolaire est en net retrait par rapport à d’autres pays
    • La demande des parents envers l’école sont ambivalentes : entre compétition et primauté donnée à la créativité, l’imagination, la collaboration, …
    • Des enseignants éprouvent des difficultés à enseigner et à éduquer au quotidien, sentiment de « ne pas y trouver » ce qu’ils en attendaient, de dévalorisation de leur métier, …
  • 6. Une action publique incohérente
    • Organisation administrative qui persiste à être verticale
    • Développement d’un management techniciste (pilotage par les objectifs, tableau de bord) oubliant d’y associer des acteurs essentiels (collectivités locales).
    • Réformes organisationnelles (PPRE, Cycles, socle commun…) injonctives oubliant de prendre en compte l’évolution des pratiques pédagogiques, les enseignants deviennent des exécutants.
    • Empilement de dispositifs pour venir en aide aux élèves en difficultés : finalités contradictoires et sans évaluation
    • Écarts entre le discours officiel et les pratiques : formation du enseignants, mise en place du socle commun, rythmes des enfants et semaine de 4 jours, …
    • Volonté de centraliser les innovations pour les démultiplier au lieu d’animer le terrain pour promouvoir des actions innovantes.
  • 7. Une École qui peine à entrer dans le XXIe siècle
    • seulement 21% des enseignants utilisent les TIC au moins une fois par semaine avec leurs élèves.
    • Même bien équipés, les capacités de lecture dans le monde numérique de nos élèves est tout juste dans la moyenne de l’OCDE, et la proportion de ceux qui ont de faibles compétences de compréhension de l’écrit numérique est plus grande que dans les autres pays.
    • Tension grandissante entre, d’un côté, la reconnaissance des singularités et individualités et, de l’autre, la construction du collectif : malaise de positionnement

REFONDER L’ÉCOLE POUR REFONDER LA RÉPUBLIQUE

  • 1. Relever les défis du XXIe siècle
    • Le savoir pour construire son avenir
      • C’est à l’École, que se transmet le socle disciplinaire robuste.
      • Croissance exponentielle la somme de ce que chacun peut connaître et obsolescence rapide de pans entiers de la science.
      • La posture encyclopédiste est intenable.
      • Objectif d’apprendre à apprendre : les différentes disciplines doivent au sein de l’école entrer en communication.
      • Intérêt de l’approche par compétences qui donne du sens aux apprentissages en liant savoirs et action, savoir et résolution de problèmes.
      • une sélection de savoirs privilégiés par la société et par l’École est nécessairement à opérer pour que l’école permette de devenir autonome, de faire des choix éclairés et de s’insérer socialement et professionnellement, tout au long de sa vie.
    • L’École comme lieu de formation civique et éthique
      • L’École pour instituer le lien civique
        • « Exercer de manière lucide et raisonnée la part de souveraineté qui lui est dévolue »
        • S’informer sur des sujets, juger du point de vue de l’intérêt général, avoir le souci du bien commun, de la justice et de l’égalité, argumenter et débattre, assumer des responsabilités collectives.
        • Participer à des instances représentatives, à la vie associative dans l’établissement.
        • Développement de projets coopératifs ouvert sur la vie associative extérieure à l’établissement.
      • Apprendre à vivre ensemble
        • Gérer dans le sens du partage et de l’enrichissement personnel les différences culturelles, religieuses, situations de handicap, normes sociales, pratiques professionnelles
        • Multiplier des dispositifs permettant de créer des relations interpersonnelles horizontales entre tous les acteurs de l’École
          • travail de groupe sur projet chez les élèves,
          • tutorat entre élèves,
          • échanges d’expérience entre enseignants,
          • développement de collaborations entre l’éducation nationale et ses partenaires extérieurs, intervenants, collectivités territoriales, parents d’élèves).
    • Une École juste
      • Le développement d’une élite scolaire et l’attention portée aux plus fragilisés des élèves vont de pair.
      • Développer des pédagogies capables de renforcer les compétences des élèves.
      • Lutter contre le décrochages scolaires et promouvoir une orientation qui tienne compte des désirs et des besoins des élèves
    • Une École bienveillante
      • Qualité d’accueil, climat apaisé
      • Conditions favorables aux apprentissages
      • Système d’évaluation qui aide à progresser.
      • Gestion de sanctions centrée sur la responsabilisation.
  • 2. Une véritable politique publique pour l’École
    • Des partenaires diversifiés
      • Ouverture vers les parents dont les plus éloignés de l’École
      • Davantage de responsabilité des parents dans les parcours et l’orientation de leur enfant.
      • Limitation des inégalités territoriales par la mise en place de régulations nationales (entretien de réseaux d’école)
      • Octroi d’une autonomie croissante pour chaque territoire avec inscription dans la loi de modalités de collaboration locale.
    • Rénover l’action publique en éducation : des outils moins prescriptifs et plus efficaces
      • Promotion de l’outil cahier des charges pour contractualiser des engagements collaboratifs
      • Pratique de l’expérimentation. ex : choix des familles en fin de 3°
      • Proposition d’une instance indépendante coordonnant l’évaluation
    • Refonder par la pédagogie
      • Rompre avec l’organisation où tous doivent apprendre au même rythme
      • Développer les usages pédagogiques du numérique

Des conceptions bousculées

  • RAPPORT à la DIFFICULTÉ & APPRENDRE : Accepter de ne pas savoir faire tout de suite, de ne pas savoir faire alors que d’autres savent faire ; Se tromper …
Pour que les élèves apprennent, pour aider certains en cas de difficultés, proposer prioritairement des situations globales et de défi
  • QU’EST CE QUE RÉUSSIR ? : être le plus fort ; faire un éclat ; réaliser une performance ; satisfaire à une norme OU parvenir à finaliser une réalisation, à un seuil de maîtrise ; produire « un chef d’œuvre »
Différencier les apprentissages et aussi les évaluations.
  • QU’EST CE QU’ÉVALUER ? : dire le niveau ; expliciter ce qui a été fait et comment, ce qui est réussi et ce qui ne l’est pas ; dire ce que sait faire l’élève, jusqu’où et dans quelles conditions. _
Promouvoir des évaluations qui informent sur ce que sait faire chaque élève et jusqu’où ...

Quels changements à venir pour relever le défi

  • Évaluation externe du système oui mais jusqu’où et avec quelles conditions ?
  • Égalité territoriale : mêmes moyens, mêmes conditions pour tous les élèves quel que soit leur lieu de résidence. Cela implique que soit défini le cadre d’une solidarité intercommunale, interdépartementale, interrégionale.
  • Réaménagements du temps des élèves. La réforme du calendrier de l’année scolaire qui est engagée est un début. Les adaptations à venir doivent prendre en compte les nécessités pédagogiques et éducatives à assurer avec un principe important à accepter : « le temps mais aussi l’espace sont des variables et non des données ». Certaines peuvent difficilement se faire sans une évolution du service des personnels (horaires, missions, mono ou pluri disciplinarité).
  • Réaménagement des regroupements d’élèves se faisant sur les fonctions à assurer et non sur la distribution disciplinaire : groupe d’apprentissage, groupe d’accompagnement, groupe de projet, … Modularité de l’organisation de la formation.
  • Redéfinition de l’indispensable à maîtriser. Intégrer les exigences disciplinaires dans un projet global de formation de l’élève exprimé en termes de compétences. Prise en compte de savoirs extérieurs et de questions (problématiques, de savoirs) à travailler en proximités disciplinaires autour de pôles interdisciplinaires, conjugaison d’exigences disciplinaires et d’exigences transversales.
  • Liberté pédagogique d’équipe (Équipe de discipline, de niveau, de cycle, d’établissement). Mais cette liberté ce n’est pas chacun fait ce qui lui plait. Les changements qui portent ne relèvent pas de l’initiative d’individus isolés mais doivent être
    • pensés, organisés au niveau de chaque équipe,
    • coordonnés au niveau du conseil pédagogique
    • évalués au niveau de l’établissement.
      Cela nécessite des lieux d’échanges, de confrontation et de discussions. Le conseil pédagogique peut jouer ce rôle, mais d’autres instances aussi, qui permettent d’associer différents acteurs. Les élèves et les parents pourraient avoir leur mot à dire aussi..
  • Renforcement de la formation initiale et continue des enseignants. Positionnement du concours sur le cursus de formation avec les conséquences sur le contenu de celle-ci, place des stages et de l’alternance dans la formation, contenus de la formation professionnelle et prise de distance avec la fonction magique de la formation ...

Une dynamique à porter, des crispations à dépasser

Creative Commons License
PRATIQUE MATH by Alfred BARTOLUCCI est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité-Pas d’Utilisation Commerciale-Partage des Conditions Initiales à l’Identique 2.0 France.
Les autorisations au-delà du champ de cette licence peuvent être obtenues à a.bartolucci@orange.fr.