PRATIQUE MATH

Accueil du site > APPROCHE PAR COMPETENCE ET SOCLE COMMUN > MATHEMATIQUES ET SOCLE COMMUN > Comment va-t-on s’y prendre collectivement pour mettre en œuvre le socle (...)

Comment va-t-on s’y prendre collectivement pour mettre en œuvre le socle commun ?

Cinq versions de pistes possibles ...

dimanche 9 janvier 2011, par Alfred Bartolucci


Nous avons pris la mesure sur les enjeux et la portée du socle commun. Des équipes ont travaillé à partir des grilles de référence et ont relu les programmes du Bulletin officiel spécial n° 6 du 28 août 2008. Beaucoup sont prêtes à s’engager mais constatent qu’il y a un abîme entre l’adhésion de principe à “l’idée de socle” et le passage à l’action.

  • Il y a de telles marges de choix pour commencer et celle-ci sont confrontées à des conceptions chez les acteurs si diverses
  • les changements induits notamment en matière d’évaluation semblent dans de tels écarts par rapports aux attentes sociales
  • le discours officiel référé au socle porte surtout sur le contrôle et le pilotage du système par contrat d’objectif : on ressent de la pression mais sans avoir de clefs.

Il y a un fort besoin de repères fiables pour agir de façon plus « assurée », la crainte de faire fausse route est forte. Les attentes par rapport à la circulaire ont été bien déçues :

  • Pour l’école, la circulaire déroule une mécanique assez classique :
    • Evaluations nationales
    • bilan objectif sur les difficultés comme sur les réussites de chaque élève et pour chacune des compétences
    • analyse des difficultés qu’éprouvent certains élèves dans les apprentissages
    • apports de l’aide la mieux adaptée aux besoins identifiés
    • en équipe ajustement de progression par rapport à une référence nationale.

Et ainsi, le nouveau livret scolaire attesterait la maîtrise des connaissances et des compétences du socle commun aux deux premiers paliers (fin du CE1 et fin du CM2). Mais travailler et évaluer par compétence, différencier les apprentissages et les évaluations au delà de l’accord sur le discours (à supposer que cela ne fasse pas débat dans les équipes), jusqu’où aller, et comment y aller ? La palette des possibles est large, les influences et les pressions auxquelles sont soumis les enseignants sont multiples, le risque de confusions est grand, le flou est réel. Les équipes ont besoin de repères pour penser leur organisation pédagogique, comme c’est leur métier, mais le cadre d’action se doit d’être davantage précisé et sécurisé.

  • Pour le collège, l’élément saillant, dans la circulaire de rentrée, est l’annonce d’un nouveau diplôme national du brevet : à compter de la session 2010, il permettra d’attestera maîtrise des sept compétences du socle commun.

Attester les sept compétences du socle, il le faudra bien, mais que devra-t-il se passer avant pour que ça ait de la signification ? Sur ce point rien n’est dit. L’institution sait bien proposer des repères quand elle le décide : les textes d’accompagnement des programmes en sont un exemple très positif. Pourquoi sur la mise en œuvre du socle ne le fait-elle pas ? Et si les cadres du ministère étaient dans le même embarras que bien les équipes d’enseignants ? Pourquoi ne pas « le parler » ? Le socle est traité comme un allant de soi dans le discours officiel, alors qu’on gagnerait à davantage communiquer les enjeux concrets du socle, à en mettre certains en priorité et reconnaître l’ambition de l’entreprise à laquelle tout le système éducatif, au premier rang desquels les personnels sont conviés. Le discours tenu, nous semble d’une autre nature : il occulte ou esquive les difficultés à appréhender et à traiter, dans certains cas même, il les nie. Les autorités semblent ignorer les interrogations qui se posent dans les écoles et les collèges. Pourquoi une telle situation ne fait pas débat... ? Qui prendra ses responsabilités ?
Les équipes d’enseignants qui se sont investies à explorer des pistes pour mettre en œuvre le socle commun dans leur établissement attendaient mieux de la circulaire de rentrée.

Quels points de repères auraient pu être donnés .

Version 1

(tiré d’un document hélas confidentiel) accompagnant l’expérimentation 2008 / 2009)
L’acquisition des compétences du socle commun par les élèves est progressive et s’effectue tout au long de la scolarité obligatoire. Les équipes pédagogiques vérifient puis valident les compétences acquises par leurs élèves au cours des activités et des évaluations menées dans la pratique ordinaire de la classe.

Quelques rappels :

Maîtriser les compétences et compétences du socle commun c’est être capable de mobiliser ses acquis dans des tâches et des situations complexes

  • chaque compétence requiert la contribution de plusieurs disciplines
  • chaque discipline contribue à plusieurs compétences

Modalités pour valider les attestations :

  • Pour attester la maîtrise du socle commun, toutes les compétences doivent être validées. Les sept compétences du socle commun ne sont pas compensables entre elles.
  • Pour attester la maîtrise d’une compétence, on apprécie la maîtrise de chaque domaine (voir LIVRETS) sans exiger de l’élève qu’il les maîtrise tous. Toutefois il est recommandé que l’élève est au moins une des connaissances, capacités et attitudes dans le domaine qu’il ne maîtrise pas.
  • Pour attester les acquis d’un domaine, on l’apprécie globalement, sans exiger de l’élève qu’il maîtrise chacune des connaissances, capacités et attitudes qui le composent.

Le professeur principal doit renseigner le document de validation pour chacun des domaines, et en fin de tableau, pour chacune des sept compétences.

Version 2

Qui peut être combinée avec la version 1

  • dans chaque discipline commencer par faire une lecture des programmes selon le crible du socle et sélectionner les compétences parmi les sept auxquelles on pourrait contribuer en précisant le ou les domaines de la compétence auxquels on contribue.
  • concevoir les évaluations pour collecter des informations sur les éléments mis en priorité.
  • organiser la mémoire des réussites repérées pour chaque élève (il peut être intéressant d’associer les élèves à cette fonction.
  • renseigner périodiquement le relevé commun à toutes les matières des réussites par élève (forme numérique à privilégier)

Version 3

Qui peut être combinée avec la version 1 et 2

  • On convient par famille de matières de prendre en charge le pilotage d’une des sept compétences du socle. Les profs de la famille font, à partir des grilles de référence et en lien avec leurs pratiques une mise en priorité des éléments descripteurs de la compétence.
  • Communication inter disciplinaire du travail d’explicitation du référent mis en priorité pour chacune des compétences et confrontation de cohérence au référent officiel.

Version 4

Qui peut être combinée avec la version 1, 2 et 3

  • Valoriser, dans chaque classe, des projets interdisciplinaires. Exemple : sur la problématique « En quoi les pratiques alimentaires des jeunes du collège au petit déjeuner sont-elles en cohérence avec les conseils qui sont généralement prodigués par des nutritionnistes » réaliser un dossier papier ou numérique rendant compte d’une recherche documentaire et d’une enquête et répondant à la question.
  • Analyser, par rapport aux compétences du socle commun, ce que permet de reconnaître un engagement et une réalisation de qualité de la part d’un élève.
  • Pour attester la validation des acquis d’une ou plusieurs compétences, la collecte de tous les engagements forts et réalisations de qualités peuvent être des « preuves », comme un chef d’œuvre l’est pour les capacités d’un artiste.

Version 5

Qui peut être combinée avec la version 1, 2, 3 et 4

  • Le plus tôt possible dans un cycle, repérer les élèves qui de façon visible sont en écart par rapport à la maîtrise de telle ou telle compétence du socle commun.
  • Organiser une problématisation des besoins de l’élève sur la compétence : Etant donné que .... en quoi le fait de ... et de ... permettrait à cet élève de ...
  • En lien avec la problématisation posée, pour cette compétence et pour cet élève identifier les disciplines (au moins 2) qui pourraient contribuer à prendre en compte ses besoins.
  • Mettre en place un plan d’action où interviennent les disciplines identifier et prévoyant en classe une attention particulière des enseignants désigné pour l’élève concerné, des activités d’apprentissage ou d’évaluation ajustées et d’éventuels dispositifs complémentaires (mais pas trop !)
    Cette version, si elle n’était associée à aucune autre, nous paraît intenable. La raison est simple. En procédant ainsi, on pense limiter dans un premier temps les élèves à prendre en compte. Mais la réalité est bien plus complexe car le socle ne colle pas vraiment à la grille de lecture : « bon résultats en français, maths et langue alors bon élève ». C’est cette lecture qui nous conduit à déclarer que le niveau des élèves d’une classe est hétérogène. Mais les réussites de chaque élève, surtout si on prend les sept compétences du socle commun, sont très hétérogènes en fonction de ces compétences. Ainsi, cette version, peut nous conduire, à prendre en charge une majorité des élèves d’une classe ... Ce qui serait trop lourd sous cette forme. cette version, est adaptée pour des élèves à besoins particuliers et s’inscrit bien dans le format PPRE préconisé par les textes officiels.