PRATIQUE MATH

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Vers la mise en place du socle commun

Un état de la réflexion fin octobre 2009

mercredi 28 octobre 2009, par Alfred Bartolucci


L’ORIGINE ET LA DEFINITION DU SOCLE

D’où vient le socle : Orientation européenne qui en France se transforme en engagement National dans le cadre de la Loi d’orientation 2005 à garantir les maîtrises indispensables à chaque élève en fin de scolarité obligatoire.

Cet essentiel est constitué de Sept compétences. Chacune est définie comme combinaison de connaissances fondamentales pour notre temps, de capacités à les mettre en œuvre dans des situations variées mais aussi d’attitudes indispensables tout au long de la vie. Ces sept compétences sont :

  • 1. La maîtrise de la langue française
  • 2. La pratique d’une langue vivante étrangère (CECRL)
  • 3. Principaux éléments maths et culture scientifique / technologique.
  • 4. La maîtrise des TIC (B2i).
  • 5. La culture humaniste.
  • 6. Les compétences sociales et civiques.
  • 7. L’autonomie et l’initiative.

LA PORTEE DE FOND DU SOCLE

La définition d’un socle commun « d’indispensables » n’a de sens que s’il y a un engagement et une mobilisation à faire acquérir par chaque élève ce qui a été jugé indispensable.

Cela implique des changements sur ce qu’est :

  • REUSSIR : je réussis du fait que je maîtrise certains acquis comme les autres et d’autres qui sont plus en lien avec mon projet ou mon potentiel du moment et mes goûts.
  • EVALUER. Il y a 3 sens d’évaluer : dire le niveau (bon, moyen, mauvais …) par rapport à une norme pas toujours explicite, dire ce qui est réussi, ce qui l’est moins (pourquoi c’est réussi, pourquoi ça l’est moins, comment on a fait, comment on aurait pu faire …), dire ce qu’on sait faire, jusqu’où est dans quelles conditions (ce qu’on maîtrise malgré tout si on se voit très faible et jusqu’où on maîtrise pour tenter un défi personnel si on est vu très fort …). Cet aspect est particulièrement à développer dans le cadre du socle.
  • APPRENDRE, METTRE EN PRIORITE, DIFFERENCIER. Le contrat classique de base est que l’enseignant fait « tout le programme » et « essaie de prendre en compte l’ensemble des élèves » le mieux possible. Avec l’introduction du socle, se trouvent soulignés dans les programmes de la scolarité obligatoire des attentes prioritaires. Le contrat reste de faire tout le programme mais avec une hiérarchie dans les priorités d’acquisition. Pour un niveau donné, il y a ce qui est au programme et qui est prioritaire dès l’année en cours du point de vue du socle, il y a ce qui est au programme de l’année et qui sera une attente du socle mais en fin d’année suivante et il y a enfin ce qui est au programme de l’année mais qui n’est pas une exigence du socle, ni cette année, ni plus tard. Ainsi, l’organisation du socle introduit l’idée de PALIER, seuil attendu de maîtrise à un moment clé de la scolarité obligatoire. Il y a trois tels moments de l’école au collège CE1 ; CM2 ; 3ième. Ils assurent pour chaque élève un positionnement sur ses acquisitions et une régulation de son parcours. Pour le système ces paliers fournissent des repères pour le pilotage au niveau macro de la mise en œuvre du socle sur la base de l’évolution de la maîtrise des compétences du socle par classes d’âge. Comme le socle s’exprime en termes de compétences et qu’une compétence a par définition un caractère complexe, le contrat induit pour les apprentissages s’en trouve modifié. Pour former à des compétences, une approche trop analytique des apprentissages serait inadaptée. Former les élèves à traiter du complexe nécessite le plus souvent possible de les placer en situations de recherche et de traitement de tâches complexes.
  • FAIRE FACE A DES DIFFICULTES : La difficulté est inhérente à toute activité globale d’apprentissage. Apprendre engage à être confronté à des obstacles dont à éprouver des difficultés. Il parait improbable pour quelqu’un qui apprend de ne jamais se tromper. L’erreur est un fait normal quand on apprend, c’est un évènement qui participe à l’émergence d’un niveau de compréhension du sujet. Ne pas savoir faire du premier coup une activité est le signe que l’activité est adaptée pour favoriser de nouveaux apprentissages. Pour certains élèves être confronté à un obstacle dans une tâche d’apprentissage est perçu comme un signe de difficulté personnelle, de non compétence voire de non intelligence. Dans le cadre de la mise en œuvre du socle, il importe de démonter ce rapport négatif qu’entretiennent certains élèves avec les activités qui résistent au traitement. Ce type de rapport les empêche les détourne des attitudes à mobiliser pour apprendre. Il faut habituer les élèves à chercher, à accepter de ne pas trouver tout de suite, à verbaliser ce qu’ils comprennent et ce qu’ils ne comprennent pas. Il faut aussi les placer le plus souvent possible devant des situations complexes mais pas compliquées, où personne dans la classe n’a de réponse toute faite et où les élèves qui se pensent en difficulté pourraient tout aussi bien que ceux qui sont vus « potentiellement bons » faire des propositions décisives pour trouver (toutes disciplines !)
  • Place et Rôles de l’ELEVE dans son parcours. Le socle demande à chaque discipline de développer sept compétences parmi lesquelles maîtrise de la langue et autonomie et initiative. Apprendre doit être une activité qui provoque des défis à relever mais aussi des prises de consciences sur ce qui est compris et des limites. Le rôle de l’enseignant est de proposer des situations favorables à ces opérations en laissant le maximum d’initiative aux élèves. Ce n’est pas un rôle facile mais surtout cela peut conduire à une lourdeur de charge intenable. La mise en œuvre du socle commun engage des changements dans le contrat et les pratiques d’apprentissage et d’évaluation. De ce fait, chaque enseignant, en cohérence avec une équipe, est engagé dans de lourds travaux de préparation : conception de situations, projection de scénarii, élaboration d’outils. Parallèlement à ces nouveaux investissements, l’introduction du socle avec des paliers de compétences pourrait orienter les enseignants, à la suite du contrat classique de gérer les réussites des élèves. Actuellement le carnet de notes assure une forme de mémoire dont la synthèse est une moyenne arithmétique. Avec la mise en œuvre du socle le suivi de chaque élève sur les sept compétences est constitué d’une gestion d’observations en situations d’apprentissages, d’une mémoire des réussites collectées en diverses situations. L’entreprise est autrement complexe et lourde à tenir : le nouveau cadre de fonctionnement et les enjeux qui y sont associés font que l’enseignant peut difficilement tout observer, conserver les traces de ce qui se passe, interpréter, conseiller … D’autant que l’enseignant doit aussi s’investir dans la conception de supports d’apprentissages différenciés, d’organisations susceptibles de favoriser l’implication des élèves. Ces derniers points il est le seul à pouvoir les tenir, aussi, assurer une observation personnalisée du parcours d’apprentissage des élèves et conserver la mémoire de leurs acquis (acquis par rapport aux programmes, vigilance personnalisée sur les exigences du socle, repérage sur plusieurs compétences, …) doivent autant que faire se peut être délégués aux élèves. Ici, la contrainte de faisabilité est un atout, pour convaincre les enseignant de « lâcher » cette prérogative, qui jusque là était leur exclusivité. L’essentiel de l’investissement de l’enseignant pour assurer le suivi personnalisé des élèves gagne à être consacré à la mise en responsabilité des élèves pour la collecte de leurs réussites et l’analyse de leur parcours d’apprentissage. Il y a un changement majeur de pratique pour l’enseignant. Il ne va pas de soi mais est un véritable défi pour la réussite de la mise en œuvre du socle commun. Comment peut-on espérer amener chaque élève à maîtriser et à dépasser les attendus du socle pour chacune des sept compétences si on conserve le même contrat d’évaluation et de suivi, si on ne les concerne pas par une implication authentique et sans angélisme à la collecte de leurs réussites et à une analyse de leur parcours. Engager les élèves sur la maîtrise du socle c’est mettre en place une organisation qui au lieu de les mobiliser pour une bonne note, les responsabilise sur la réussite d’un défi personnel lié à une compétence. Dans ce cadre, le palier socle est un point de vigilance mais n’est pas une fin, ce qui serait un dysfonctionnement par rapport à l’esprit de la Loi. L’objectif pour chacun étant, sur les compétences définies dans le socle, de maîtriser aussi loin que possible sur la gradation de complexité en fonction de son potentiel et de son projet personnel dans le cadre des programmes.

Cadre institutionnel

Le fait d’annoncer la prise en compte de la maîtrise du socle commun pour l’attribution du brevet des collèges est un signal pour engager les équipes à sa mise en place.
En 2010, le socle apparaît par l’obligation d’avoir l’attestation du B2i (Compétence 4) et du niveau A2 en langue vivante (compétence 2) dans les critères de délivrance du brevet.
En 2011, ce ne sont plus seulement les compétences 2 et 4 qui doivent être attestées au palier socle mais les sept compétences. Si la pression est réelle, les réalités ont une certaine inertie. On peut toujours déplorer des dysfonctionnements quand dans tel ou tel collège, la délivrance du B2i ou celle du niveau A2 en langue est incontestablement peu fiable. Un fait s’impose, les changements de pratiques sous jacents ne relèvent pas du seul décret. Une volonté ferme dans la mise en œuvre de la loi doit s’accompagner d’une valorisation de l’existant, d’une stimulation des initiatives mais aussi d’une sécurisation des adultes qui doivent s’y engager. Le diplôme

BREVET 2010

  • Contrôle continu dans toutes les matières.
  • Epreuve orale en Histoire de l’Art (au cours de l’année de 3°)
  • Examen final (Français / Maths / Histoire – Géo – EC).
  • B2I
  • Langue : validation obligatoire du niveau A2, dans les 5 compétences langagières

BREVET 2011

  • La maîtrise du socle commun de connaissances et de compétences, palier 3 ;
  • La note obtenue à l’oral d’histoire des arts ;
  • Les notes obtenues à l’examen du brevet ;
  • Les notes de contrôle continu obtenues en cours de formation ;
  • La note de vie scolaire.

    L’attestation palier 3

Une conviction : la validation du socle gagne à éviter toute tentation de gestion par listing d’objectifs à cocher dans les diverses disciplines le tout suivi de comptage … et de marchandage. On risque de passer beaucoup de temps dans un traitement analytique avec beaucoup de difficultés, ensuite, à se donner une vue synthétique sur ce que maîtrise effectivement chaque élève. De plus, une validation fondée sur une collecte analytique de réussites, favoriserait le développement d’épreuves d’évaluations et de situations d’apprentissages sur des formats eux mêmes analytiques. Ce serait là une forte contradiction avec une définition du socle commun en termes de compétences auxquelles former tous les élèves. C’est là un argument de poids contre toute tentation d’une approche analytique. Proposition de règles d’attestation du socle (pour une première mise à l’essai) :

  • Pour attester la maîtrise du socle commun, les 7 compétences doivent être validées : elles ne sont pas compensables entre elles.
  • Pour attester les acquis d’un domaine, on l’apprécie globalement, sans exiger de l’élève qu’il maîtrise chacune des connaissances, capacités et attitudes qui le composent.
  • Pour attester la maîtrise d’une compétence, on apprécie la maîtrise de chaque domaine, sans exiger de l’élève qu’il les maîtrise tous. Toutefois, il est recommandé que l’élève ait au moins un des points dans les domaines non maîtrisés.
  • Pour attester d’un acquis d’un domaine on s’appuie sur des vérifications effectuées dans au moins deux disciplines.

Un cadre à engager par matière

Dans chaque matière il s’agit d’appréhender les orientations du socle commun :

  • Analyser et repérer (mais pas de façon rigide) dans les programmes et les grilles de références :
    • ce qui est au programme cette année et qui est exigible dès cette année dans le cadre du socle commun.
    • ce qui est au programme cette année et mais qui ne sera exigible au socle commun l’année suivante (on va le faire acquérir au maximum mais si un ne maîtrise pas …)
    • ce qui est au programme cette année et qui sera enseigné et pour la plupart exigé, mais qui n’est pas exigible dans le cadre du socle commun en fin de scolarité obligatoire.
  • Dans les grilles de référence, parmi les sept compétences du socle, sélectionner 2 à 4 domaines prioritaires (pouvant se situer dans des compétences différentes mais pas forcément.) Chacun de ces domaines, sans être liées aux savoirs de la matière, est choisi pour être une priorité de formation dans la matière sur les 4 années du collège. La mise en œuvre de ces priorités appelle une clarification en équipe disciplinaire de ce à quoi on entrainera les élèves (mises en situations variées et évaluation).

Ces orientations sont sous forme d’objectifs replacés en contexte, explicités aux élèves. Ces objectifs sont évalués et valorisés dans la communication sociale de l’évaluation mathématique. Ils sont poursuivis en faisant naturellement le programme. Les diverses situations de classe centrées sur une de ces priorités permettent de travailler sur plusieurs compétences du socle.

Un nouveau contrat

  • une compétence est reconnue par paliers / seuils Une compétence est reconnue à un seuil donné non pas sur une épreuve mais à partir de plusieurs observations de réussites. Le positionnement pour une compétence prend en compte :
  • L’étendue et de la diversité des réussites collectées.
  • Le degré de complexité des diverses tâches réussies.
  • Les critères pris en compte pour évaluer les diverses « tâches » réussies collectées.
  • Les conditions de réalisation, le degré de « guidance », l’autonomie … dans la réalisation des tâches réussies collectées.
  • L’exhaustivité (par rapport aux textes officiels), la diversité, … des savoirs mobilisés …