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SOCLE COMMUN : Faire preuve d’esprit critique pour sa mise en oeuvre !

Résister aux outils illusoires de toute puissance ! De grands changements sont à faire dans chaque discipline. C’est moins facile mais si essentiel.

dimanche 9 janvier 2011, par Alfred Bartolucci


Commentaires sur le contenu du discours officiel pour la mise en œuvre du socle commun.

Discours officielRemarques
Socle commun de compétences
Le socle commun de connaissances et de compétences est une disposition majeure de la loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’École du 23 avril 2005. Il désigne un ensemble de connaissances et de compétences que les élèves doivent maîtriser à l’issue de la scolarité obligatoire pour poursuivre leur formation, construire leur avenir professionnel et réussir leur vie en société.
Le socle commun a pour but essentiel de mobiliser les acteurs du système afin que les élèves maîtrisent diverses compétences (attitudes et connaissances) à l’issue de la scolarité obligatoire
Parachever la mise en œuvre du socle commun, grâce au livret personnel de compétences et responsabiliser les équipes et les élèves à tous les niveaux
  • Mettre en place l’application nationale « Livret personnel de compétences »
  • Encourager l’expérimentation et l’innovation
  • Promouvoir l’autonomie et la responsabilité des établissements scolaires
  • Rendre les élèves plus responsables
Sur papier tout est parfait ! Le livret personnel de compétences est un rêve quand on sait que les pratiques des disciplines du secondaire sont encore loin d’apprentissages inspirés d’approche par compétences et d’évaluation cohérente avec cette approche. Le livret personnel de compétences est dans un tel contexte un fausse bonne idée. Dans la pratique, ce discours alimente le recours "à la pensée magique" chez certains acteurs : « grâce au livret on saura tout ce ce que sait faire l’élève sur les quatre années du collège et on pourra ainsi le suivre ! Mais Qui renseigne ce livret sur quoi et comment ? Prenons acte de ce qui se passe dans les collèges à propos du B2i ! Quel intérêt de promouvoir un tel outil dans le contexte actuel ? Ce n’est pas de la résistance, c’est du réalisme. Les services du ministère, certains cadres de l’administration intermédiaires et quelques enseignants de mon point de vue « idéalistes » portent cette idée de livret de compétences et de ce fait détournent la mise en œuvre du socle de ses vraies fins et alimentent la confusion.
GISCCO :
Au collège, est choisi un outil permettant aux enseignants de valider les capacités du socle commun maîtrisées par chaque élève. Chaque élève peut ainsi vérifier l’avancée de ses acquisitions et demander la validation de capacités qu’il pense acquise. Cet outil, baptisé GISCCO, fonctionne et s’utilise de la même manière que GIBII.
Pourquoi si vite passer à un tel outil ? En quoi un tel outil favorise-t-il une entrée par compétences des divers disciplines ? Il y a au début de la mise en œuvre du socle bien d’autres questions à travailler que celle de l’attestation. Attester en cochant une multitude d’items : c’est au mieux une usine à gaz, même si GISCO est sensé être faciliter la gestion. Est-ce que gérer les réussites consiste à cocher et à compter ? Une certitude : former et évaluer par compétence est en contradiction avec une approche analytique (cocher et compter). On perd de vue que l’objectif primordial est de faire en sorte qu’en fin de scolarité obligatoire les élèves aient acquis un seuil plancher de maîtrise pour les compétences du socle. On aborde avec le livret et avec GISCO la question du socle par l’entrée la moins pertinente pour assurer les enjeux que représente le socle pour les jeunes et la société. On dissimule ainsi ou on détourne les équipes de questions urgentes à travailler :
  • les modes d’apprentissages et les pratiques d’évaluation dans les disciplines,
  • les prises de décisions d’accompagnement et de suivi en conseil de classe sur les quatre années
    En fait l’avantage de GISCO et du fameux livret et de satisfaire à la préoccupation grandissante de tout le système à tout voir, tout savoir. _ Alors qu’on parle d’autonomie et de responsabilité, sont promues des pratiques rationalisées articulées avec des contrats d’objectifs. Sans doute le système gagnera à aller des fonctionnements plus rationnels, mais là ce dont il s’agit c’est de rationalisation.
  • Le prof voit tout ce que son élève a validé et pas validé, la multitude d’items fait que cette « vidéo-surveillance » est peut instructive sur le seul de maîtrise de l’élève. L’élève se sait « observé » il va donc fonctionner pour satisfaire aux attentes du prof. Ce n’est pas ce qu’on peut appeler de la responsabilisation
  • Le principal voit tout : quels profs suivent tels items, comment il s’y sont engagés, quels élèves ont eu tels et tels items validés ,...Il n’y aurait là aucun problème si ces observations étaient au service d’une coordination ... Mais s’il s’agit de contrôle sec les enseignants risquent de répondre à des attentes de conformité.
  • Le rectorat voit tout : les champs renseignés, ceux qui ne le sont pas, le rythme adopté par chaque établissement pour renseigner GISCO, ... Ce qui devait être un appui va vite devenir une contrainte pour des choix pédagogiques originaux. GISCO représente un système de mise en transparence à la puissance considérable. Même sans mauvaises intentions, le fait de savoir qu’on est ou qu’on peut être observé modifie les types d’initiatives que l’on peut prendre.

Trousse de survie !

L’enjeu premier du socle est de mieux former les élèves aux attendus du socle
Evaluer ce n’est pas cocher
La réussite à une épreuve, seule, ne garantit pas la maîtrise d’une compétence
Poser la question : « combien faut-il de réussites pour attester telle compétence ? » montre que l’on n’a pas mis en œuvre une évaluation par compétence
Pour un élève qui arrive au collège à vélo, inutile de faire une évaluation de vélo : il sait faire du vélo
Un extrait du socle commun élève à mettre en œuvre pour nous enseignants. Connaître et respecter les règles élémentaires du droit relatif à sa pratique - Protéger sa personne et ses données - Faire preuve d’esprit critique face à l’information et à son traitement - Participer à des travaux collaboratifs en connaissant les enjeux et en respectant les règles.

Pédagogie : Ensemble de principes, d’attitudes, de pratiques et de méthodes ayant pour but de faciliter la construction de savoirs et l’acquisition de compétences : accompagner les formés à exploiter leur potentiel de développement. Pédagogisme : attitude consistant à adopter comme décrets suprêmes des principes pédagogiques pour eux mêmes, en faisant abstraction des réalités et des contextes de leur mise en œuvre, en perdant de vue les fins qui les ont inspirés. Ici ce qu’on appelle méthode, ce sont des procédures formelles qui ne prennent pas en compte les conceptions des acteurs, les pratiques existantes, les durées disponibles, ...

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