PRATIQUE MATH

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Quelques conseils à un enseignant qui débute

… et qui a du mal à gérer l’agitation qui s’installe dans sa classe

jeudi 24 mars 2011, par Alfred Bartolucci


Un collègue, passionné par son métier, ma fait part il y a quelques temps d’un certain malaise qu’il éprouvait dans certaines classes de par le chahut qui s’y installait et des difficultés qu’il éprouvait à y remédier. Voici quelques conseils sur lesquels nous avons échangé. Certes, ce sont des situations complexes qui ne relèvent pas seulement de conseils ... Mais, en l’absence de mieux, pour un enseignant qui a conscience du problème, qui ne le nie pas, quelques conseils pragmatiques peuvent constituer un appui. J’ai repris ici, ces quelques conseils sans prétentions, ce sont ce qu’on qu’on pourrait qualifier de conseils de base. Le tout ne constitue pas un mode d’emploi même si la forme pourrait le laisser supposer, ce n’est pas non plus un guide de conduite, bien d’autres modalités sont pertinentes et même plus pertinentes. Mais pour un enseignant qui a un peu de mal à gérer une agitation "gentille" dans sa classe, le fait de disposer de repères « simples » sans être simplistes peut aider. Il peut explorer ce que donne avec les élèves de tenir compte dans la conduite de son cours de tel ou tel conseil : en terme de sollicitation des élèves de la classe à réfléchir, à chercher, à se mettre en activité, à prendre la parole ...

  • 1. Au démarrage de la séance, laisser les élèves s’installer, attendre le silence complet, avec « calme et sérénité ».
  • 2. Quand le silence est établi, commencer à parler et s’arrêter si des discussions reprennent.
  • 3. Plutôt que de commencer un discours pour rappeler « où on en était », solliciter la classe pour le faire. Demander aux élèves de prendre un temps pour réfléchir (30 secondes à 1 minute, c’est long s’il y a du silence). Leur demander d’attendre d’être désignés pour répondre. Après avoir sollicité deux ou trois élèves demander à la classe de compléter. Reformuler brièvement et introduire la séance.
  • 4. Lors de chaque changement de temps, attendre que toute la classe soit prête. Beaucoup d’agitations sont dues au fait que certains élèves étant sur la tâche précédente ou étant dissipés, au moment où ils cherchent à raccrocher, ils interpellent bruyamment leurs voisins ou l’enseignant pour questionner sur quel numéro, quelle page …)
  • 5. Faire en sorte que le temps de correction systématique soit de courte durée ainsi que le temps de copie de la trace écrite du cours. Pour une trace écrite des élèves, plutôt que d’écrire au tableau le cours que les élèves doivent recopier :
    • o Prévoir le texte bref du cours sur un transparent et le rétro projeter, ce qui permet à l’enseignant de circuler dans la classe pendant que les élèves copient.
    • o Solliciter les élèves pour synthétiser ce qui est à retenir et noter au tableau l’état stabilisé : les élèves sont ainsi concernés par la construction de la synthèse, ils sont de ce fait moins passifs.
      Ces activités de correction et de prise de notes du cours, dans certains cas nécessaires, doivent bénéficier de sollicitations stimulantes pour l’activité des élèves. En particulier sur le cahier de cours il n’est pas souhaitable d’écrire tout un ensemble de définitions et de mots de vocabulaire que les élèves retrouveront sur leur manuel (on peut aussi faire élaborer un lexique par les élèves). Il importe d’être attentif à ce que les élèves soient impliqués pendant les séances de cours de mathématiques sur des activités de découverte, d’entraînement, d’application, de reformulation et de verbalisation.
  • 6. Quand une ou plusieurs activités sont données à chercher à toute la classe il convient de marquer un rituel qui évite l’agitation de mise au travail :
    • • s’assurer impérativement que tous ont bien connaissance de quelles activités
    • • Laisser à la classe un temps de lecture en silence des consignes puis faire reformuler les consignes par au moins deux élèves en demandant à la classe s’ils sont d’accord.
    • • Demander alors aux élèves de chercher seul un premier temps puis d’échanger avec leur voisin mais en contrôlant le niveau sonore.
    • • Pendant ce temps, rester vigilant au comportement des élèves, le plus positivement pour engager une dynamique de travail. Si trop de chahut, arrêter la classe, leur faire prendre conscience calmement que c’est inacceptable, puis leur demander de reprendre. Si un élève, a un comportement gênant, le rappeler nominativement à l’ordre très brièvement en renvoyant le traitement en fin de séance et que les problèmes de compréhension des consignes ont été réglés
    • • La mise en activité des élèves, a souvent pour effet de réduire les « gamineries » de classe, ainsi en restant vigilant au niveau sonore, l’enseignant peut circuler dans la classe, montrer aux élèves qu’il écoute se qui se « pense » dans les binômes, intervenir ponctuellement sur tel ou tel binôme, répondre aux questions de tels autres en renvoyant de préférence d’autres questions pour que les élèves demeurent actifs.
  • 7. Pour la correction, au lieu de faire passer systématiquement un élève au tableau, on peut d’abord questionner les élèves, les binômes, … sur les constats, les difficultés particulières rencontrées, les prises de consciences faites dans l’activité. Ce questionnement est plus important que le corrigé type : il sollicite davantage la réflexion des élèves. Dans ce temps il s’agit de donner la parole successivement à plusieurs élèves, les autres étant sollicités pour écouter mais aussi, en demandant la parole, pour compléter ou exprimer un autre point de vue. Le corrigé « intégral » peut être aussi proposé par deux ou trois productions sur transparents de binômes. L’enseignant intervient principalement pour solliciter des remarques, des suggestions et en fin pour la synthèse et la mise en perspective.