PRATIQUE MATH

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Comprendre la crise ?

samedi 16 novembre 2013, par Alfred Bartolucci


C’est quoi les subprimes ?

Le montant de l’emprunt qu’accorde une banque est fonction de la capacité à rembourser de l’emprunteur. Afin de faciliter le développement de l’emprunt et donc du crédit, des banques américaines créent les subprimes : le montant de l’emprunt n’est pas conditionné aux revenus. L’emprunteur est ainsi « libre » de se surendetter moyennant l’hypothèque du bien et un taux d’intérêt est majoré d’où le nom de subprime !

Jusque là il n’y a pas de crise puisque ce sont les pauvres qui trinquent.

Avec la remontée des taux d’intérêt (2004 - 2006) nombre de ménages des USA ne peuvent plus rembourser leurs prêts et sont obligés de céder leurs biens aux banques.

Ici encore il n’y a pas de crise pour la même raison.

Les biens immobiliers saisis par les banques n’ont plus la valeur escomptée par les banques du fait de l’effondrement du marché immobilier provoqué par la mise sur le marché de ces mêmes biens ... saisis par les banques ...

Là, la crise commence, car le capital des banques est touché.

S’apercevant un peu tard de la situation aventureuse pour elles dans laquelle elles s’étaient engagées, les banques ont une nouvelle « idée de génie ». Pour limiter les risques qu’elles encourent avec ce type de crédits, elles transforment ces créances peu fiables en produits négociables sur les marchés boursiers. C’est une façon habile de se refinancer et de faire porter le risque sur les investisseurs. A la bourse on vend et on achète frénétiquement des produits composites dans lesquels sont camouflés ces produits peu fiables. Etonnant, pensez-vous, mais non car « au jeu de bourse » on n’a que faire des produits, ce qui importe c’est la promesse de plus values faciles. De nombreuses banques même étrangères ont investi dans ces produits composites piégés. Dans la caste des profiteurs cyniques, l’aveuglement à toujours plus, a conduit certaines banques américaines à racheter, en toute ignorance, des montages composés des produits dont elles s’étaient habilement débarrassées quelques semaines plus tôt : l’arroseur arrosé ... Avec l’effondrement du marché immobilier, les titres de créance n’ont plus aucune valeur et toutes celles qui avaient investi dans des produits qui semblaient de bonnes affaires découvrent progressivement l’ampleur du désastre.

La c’est vraiment la crise.

Les états s’en mêlent mais cela n’évite pas la crise économique et sociale. Pendant la crise certains vont surement tirer leur épingle du jeu et même s’enrichir, ne cherchez pas, ils sont connus. Mais les plus touchés, ce seront les petites gens, ceux qui vont passer d’une précarité à une précarité plus grande. Il n’y a aucune moralité à tirer de cette histoire. Les politiques suggèrent qu’il faudrait moraliser le capitalisme ! N’y a-t-il pas là une manœuvre pour anticiper la révolte des populations, non sans cynisme ? Comment pourrait-on croire que les dirigeants des états ignoraient ces pratiques et bien d’autres dysfonctionnements ? Qu’est-ce que moraliser veut dire ? Rendre illégaux les gains colossaux par la spéculation ; revaloriser le travail comme valeur rémunératrice ? Vous ni pensez pas ! Les commentateurs économiques s’accordent pour suggérer avec insistance que c’est la une vision simpliste qui serait destructrice dans une économie mondialisée. A les entendre, ceux à qui viendrait cette idée sont de parfaits imbéciles, leur approche naïve ferait courir les plus grand risques aux « équilibres nationaux ». On crois rêver ! Mais l’argumentation marche : « Il faut rendre encore plus riche les riches pour que les pauvres en profitent ». Sans doute, n’ai-je que des éléments d’analyse très rudimentaires en économie, sans doute ne suis-je qu’un de ces imbéciles qui, par ignorance, tient des propos qui pourraient détourner certains de l’indispensable mobilisation de tous faire face aux difficultés de notre économie. Je persiste à penser que chaque citoyen gagnerait à être mieux préparé à aborder ces questions … avec plus de sens critique. Pour l’instant, j’en suis à penser que la mondialisation de l’économie se réduit à l’institution d’un système économique fondé sur la prédation. Dans un tel système, le prédateur est celui qui est malin, celui qui est fort, celui qui a le mérite de jouer le système en faisant de grand profits démesurés. Malheurs aux autres les simples d’esprits, naïfs car généreux, faibles car impressionnables par des questions d’humanité ... Pour eux c’est la production des richesses de leur travail qui leur échappe. Les principes de réalité, les réalités économiques bien sûr, sont là pour les maintenir dans une fatale résignation à toujours plus de contraintes et de précarité, il faut vivre ou survivre ... La prédation c’est la loi. Comment ces états qui protègent un tel système peuvent être crédibles alors qu’ils se gaussent de « vouloir exporter la démocratie » ? La démocratie, quel alibi ! « Démocraties occidentales », l’expression envahit les discours des commentateurs, apparemment sans leur poser de problème. Libre ! Pays libres ! Quel sens a la liberté dans un système mondial qui se construit sur l’accroissement continu des inégalités. La démocratie semble jouer le rôle d’armure pour les prédateurs. La « liberté » se traduit par la mise en place d’un système focalisé sur la marchandisation de tout ce qui peut se prêter à l’envie de consommer. La stimulation effrénée de la consommation est indispensable pour le dynamisme du grand marché... même si la population n’en a pas toujours les moyens. La boucle est bouclée. Dans un tel système on est libre de se surendetter, de consommer sans penser. Cette liberté est vitale pour le système, quels que soient les dégâts collatéraux. C’est sans doute de la que vient l’expression « pays libres ».