PRATIQUE MATH

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Livret scolaire de l’Ecole

Quels principes le sous tendent ?

dimanche 9 janvier 2011, par Alfred Bartolucci


Mise en œuvre du livret scolaire à l’école

circulaire n° 2008-155 du 24-11-2008

Dire tout ce que ne sait pas faire un élève n’a aucun intérêt si de plus, ce qu’il ne sait pas faire est très éloigné de ce que présentement il peut espérer atteindre. Pour pouvoir progresser, il est davantage utile, pour conduire un élève à des progrès d’être en mesure de dire jusqu’où il sait faire et qu’elle est le palier proche qu’il peut espérer réussir.

Aussi, nous pensons que la perspective de mise en œuvre du socle commun est porteur de changements en ce sens : elle engage les enseignants, progressivement, à évaluer afin de mieux renseigner sur ce que savent faire leurs élèves, jusqu’où ils savent faire et dans quelles conditions. C’est une rupture avec un système d’évaluation qui atteste globalement un niveau bon, moyen ou faible sans d’autres précisions à moins que ce ne soit pour insister à répétitions sur tout ce qu’ils ne savent pas faire.

La circulaire sur le livret scolaire à l’école, est institutionnalise la place du socle commun dans les pratiques d’apprentissage et d’évaluation. Reconnaissons que l’entreprise est complexe. A la lecture de ce texte, nous sommes frappés par l’approche simpliste et "toute puissante" qui est développée. De plus les modalités décrites nous paraissent lourdes avec le risque que leur mise en œuvre accapare l’essentiel du temps des enseignant au détriment de l’animation de l’évaluation pédagogique.

Nous reconnaissons la nécessité et l’intérêt d’un suivi des réussites des élèves dans leur parcours scolaire à l’Ecole et au Collège, d’une coordination entre niveaux de classe et entre cycles et d’une bonne communication avec les familles. Les pistes préconisées nous semblent peu cohérentes avec les finalités du socle commun et peut pertinentes par rapport aux défis qui lui sont assignés.

Nous proposons, ci-dessous, une analyse critique du texte pour préciser notre position.

Le code de l’éducation prévoit, pour chaque élève du premier degré, un livret scolaire, instrument de liaison entre les maîtres, ainsi qu’entre l’école et les parents. Le livret scolaire est un outil de communication sociale (administration, familles) : nous croyons qu’il est nécessaire de distinguer les outils du suivi pédagogique de l’évaluation en classe, avec les élèves et les outils de sa communication sociale. La suite de la circulaire semble ne pas prendre en compte cette nécessaire distinction.
Il permet d’attester progressivement des compétences et connaissances acquises par chaque élève au cours de sa scolarité. L’idée est intéressante. Mais on devrait davantage insister sur le fait qu’attester des acquis ne peut se faire que sur des maîtrises de situations globales et ayant fait l’objet d’apprentissages divers et variés. Dans le cas contraire, une attestation sur des maîtrises ponctuelles même obtenues par des apprentissages intensifs pose le problème de la faible stabilité des acquis dans la durée. Ce sera un défi majeur dans la mise en œuvre du socle.
-* Le livret des épreuves d’évaluation de CM2 relatives au socle commun sont téléchargeables ainsi que le livret enseignant à l’adresse suivante. LIVRETS
Le livret scolaire comporte : Les documents d’évaluations périodiques en usage dans l’école pour suivre régulièrement les progrès de l’élève au fil de chaque année scolaire / Les résultats, en français et en mathématiques, aux évaluations nationales de CE1 et de CM2 présentées selon le modèle en annexe 1 / Les attestations de maîtrise des connaissances et compétences en CE1 et en CM2 en référence aux programmes de l’école présentées selon le modèle en annexe 2. Dans ce passage, le texte développe sur le contenu du livret une logique de toute puissance. Ce livret, est un vrai dossier sur l’élève. Au delà du principe détestable d’une prétention à tout voir et savoir sur l’élève, se pose la question de l’intérêt de ces masses d’informations et des possibilités matérielles de les collecter et de les traiter toutes. Une vision plus qualitative et plus synthétique nous paraitrait bien plus pertinente et efficiente.
Le livret scolaire suit l’élève jusqu’à la fin de la scolarité primaire. Il est transmis à l’école d’accueil en cas de changement d’école. Dès l’école maternelle, les élèves acquièrent des connaissances et des compétences qui servent d’appui aux enseignements de l’école élémentaire. C’est pourquoi, un bilan des acquisitions de l’école maternelle, réalisé en référence aux programmes, est effectué en fin de grande section et joint au livret scolaire. Une communication bien renseignée est souhaitable pour suivre les enfants, mais il y a, dans la place qu’on lui projette, de faire jouer à l’évaluation un réel risque : évaluer tout le temps pour tout maîtriser. L’évaluation est essentielle mais elle doit être au service de prises de consciences de l’enfant et de son enseignant pour une bonne dynamique à apprendre et non pour une vision rationalisante qui prétendrait tout gérer pour que l’élève apprenne. Il est essentiel que l’on demeure vigilant à ne pas être obsédé par la collecte du maximum d’informations sur l’enfant afin de mieux répondre à ses besoins :
  • on court le risque d’enfermer l’enfant dans ce qu’on lit sur lui
  • on le cantonne dans le suivi des prescriptions qui lui sont faites, lui interdisant implicitement tout désir.
À la fin de l’école élémentaire, le livret scolaire est remis aux parents. Nous croyons que la communication aux parents ne peut pas se faire par le livret scolaire et ce, même si les parents sont proches du milieu de l’éducation. Trois questions en appui à cette réserve :
  • l’enfant appartient-il à ses parents ?
  • les parents ont-ils besoin de tout savoir sur leur enfant ? ou encore les parents ne pourraient-ils pas mieux être informés par un support plus synthétique ?
  • l’information de la famille, et dans les détails, des acquis d’apprentissages ne risque-t-elle pas de porter atteinte à l’image d’un lieu d’apprentissage protégé qu’est l’école pour la personne enfant ?
Les éléments relatifs à la maîtrise des connaissances et des compétences en CM2, les résultats aux évaluations nationales en CM2 ainsi que les attestations premiers secours, première éducation à la route et de compétence en langue vivante, au niveau A1 du cadre européen, sont transmis au collège d’accueil de l’élève. Cette disposition est intéressante si elle est conjuguée avec un partenariat Ecole/Collège sur les pratiques d’apprentissage et d’évaluation