PRATIQUE MATH

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Evaluer les savoirs du socle commun ?

Traiter la tension entre l’approche par compétences et la place des savoirs disciplinaires.

jeudi 29 mars 2012, par Alfred Bartolucci


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Le socle commun est donné par compétences et la formation dans les divers domaines doit privilégier une approche par compétences, ce qui implique notamment, une évaluation de compétences. Comment cela peut-il se passer dans l’action ?
La question est d’importance et les controverses sur “le donné” sont nombreuses. Nous renvoyons à d’autres articles ou rubriques relatives au socle commun, sur ce site (ou d’autres), pour des propositions sur cette question concernant particulièrement les mathématiques.
Dans cet article-ci, nous faisons une proposition qui devrait éviter un risque d’excentration incontrôlée par rapport aux savoirs mathématiques fondamentaux dans les pratiques d’apprentissage. En effet, les sept compétences du socle s’expriment en attentes très généralités : un exemple, maîtrise de la langue française avec Lire, Ecrire, Parler et Utiliser des outils. Certes il est important qu’un élève soit en mesure d’appréhender de l’information dans un écrit, la saisir pour la relier à ses connaissances et la reformuler, présenter dans un écrit structuré et communicable une « solution », rendre compte à l’oral d’une démarche conduite ou envisagée ou s’impliquer dans un débat sur un aspect qui fait problème dans un groupe, exploiter diverses ressources dont les repères de cours, le manuel de la disciplines ou d’autres supports disponibles. Même pour une formulation de compétence exprimée en mathématiques comme « Construire une figure composée » ou « Chercher et organiser des éléments de preuve pour établir ou invalider une affirmation », caractérisée, comme toute compétence par la globalité et la complexité à traiter, on peut surinvestir la dimension stratégique et tactique et perdre de vue les savoirs mathématiques en tant que tels. Qui oserait prétendre qu’il est plus important de connaître les divers attributs et propriétés du parallélogramme que d’avoir intégré divers schémas de démarche de preuve et compris qu’établir une preuve mathématique (démontrer) c’est passer d’une phrase vraie à une phrase vraie dans une succession d’étapes et que la conclusion n’est une vérité qu’à la condition que les hypothèses et les propriétés investies soient vraies. Mais, dans une démarche centrée sur la compétence, il nous semble essentiel aussi de marquer une « focalisation » spécifique sur certains savoirs mathématiques fondamentaux. En effet, il convient de distinguer l’intelligence que l’élève a d’une situation donnée de l’intelligibilité qu’il pourrait avoir de l’action qu’il conduit dans cette situation, ce que Piaget évoquait quand il distinguait réussir et comprendre. La maîtrise, à un seuil donné, d’une compétence par un élève particulier, induit certes une compréhension des savoirs impliqués mais reconnaissons que cette compréhension, si on n’y prend garde, pourrait se limiter au « savoir y faire », alors que l’école vise, au moins pour certains savoirs, l’intégration par l’élève de savoirs, savoirs en tant que concepts avec des attributs, un niveau d’abstraction et des interconnections dans un réseau conceptuel. C’est là un enjeu d’apprentissage mais aussi d’évaluation, d’abord pédagogique, celle qui implique l’élève et son enseignant.
Le passage à une approche par compétence associée à la mise en œuvre du socle commun appelle une vigilance notionnelle. Cette vigilance en terme d’évaluation peut se faire au travers de traitement de questions de savoirs notamment à l’oral mais aussi, et l’expérience avec nos élèves, semble l’illustrer, par des « épreuves » que nous appelons QUIZ, dans une toute autre logique que l’interrogation écrite. Nous allons dans la suite présenter ce type d’épreuves.

QUIZ mathématiques

Ce sont des épreuves composées d’un grand nombre de questions « simples » et de « bon sens » reprenant les savoirs spécifiquement mathématiques du socle commun (certaines épreuves peuvent être élargies aux savoirs des programmes). Les questions d’une même épreuve balayent sous forme de questions vrai/faux ou de QCM l’essentiel des « chapitres » travaillés mais aussi des savoirs anciens qu’il convient de « maintenir en vie ». Si l’évaluation du socle se réduisait à ce type d’épreuves ce serait problématique. La passation de tels “QUIZ”, toutes les six semaines, a pour but de favoriser progressivement une familiarité des élèves avec les questions de savoir « centrales » et de bon sens sur ces savoirs. Les objectifs de réussite à chaque « Quiz », quels qu’ils soient, ne sont indicatifs d’aucune maîtrise. Pour la série d’épreuves d’année centrée sur les attendus mathématiques du socle à un niveau donné, ceux visées sont posées :

  • 1 - Permettre à chaque élève de prendre conscience des savoirs importants au travers des questions qui reviennent dans les divers QUIZ. Le nombre et la variété des thèmes dans les questions garantit un brassage des savoirs en mémoire de l’élève plus qu’un entrainement mécanique. En fin d’année et après quatre années en collège, les questions de savoir des QUIZ, même celles qui ne seraient pas réussies, sont moins étrangères aux élèves.
  • 2 - Responsabiliser chaque élève au suivi de ses scores au fil des passations régulières. Des questions différentes mais portant sur les mêmes savoirs, se retrouvent dans les diverses : cela permet un positionnement, une prise de conscience par l’élève, des interpéllations par l’enseignant. Bien entendu, l’important n’est pas le score isolé d’une épreuve, qui n’est pas une note, mais la lecture de l’évolution des questions réussies sur les divers thèmes qui se retrouvent de QUIZ en QUIZ.
    Dans notre expérience avec les élèves, nous avons perçu un intérêt des élèves pour ces épreuves comme outil de repérage. L’’évolution des résultats sur plusieurs épreuves, l’implication et la distanciation que cela permet à certains élèves nous semblent constituer des effets forts qui, au delà des savoirs mathématiques, ne sont pas étrangers aux attentes du socle commun.
    De plus la consolidation de ces éléments de savoirs articulée avec l’approche par compétences, concourent au développement et à l’assise des compétences d’une part et de la constructions de réseaux de savoirs plus « affirmés » d’autres parts.

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Nous proposons ci dessous :

  • un exemple d’un QUIZ, qui est une reprise d’un document élaboré par un service du MEN (nous n’avons plus les références) et qui nous a inspiré pour nous lancer dans cette proposition.
    PDF - 53.9 ko
    Exemple de QUIZ 3ième
  • une banque de questions portant sur les quatre entrées du programme de collège et limités aux attendus du socle commun. Le classement n’est pas par niveau, mais chacun pourra, à partir des textes des programmes faire la répartition.
Organisation et gestion de données, fonctions
PDF - 110.6 ko
Banques de questions 1

41 exos
Nombre et calcul
PDF - 84.7 ko
Banques de questions 2

48 exos
Géométrie
PDF - 95.1 ko
Banques de questions 3

30 exos
Grandeurs et mesures
PDF - 150.5 ko
Banques de questions 4

42 exos

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