PRATIQUE MATH

Accueil du site > APPROCHE PAR COMPETENCE ET SOCLE COMMUN > MODALITES DE FONCTIONNEMENT : Trois référents de l’action de l’enseignant de (...) > Prendre en compte l’hétérogénéité comme un fait et non comme une anomalie à (...) > Apprendre à retenir, à mieux mémoriser

Apprendre à retenir, à mieux mémoriser

dimanche 5 avril 2009, par Alfred Bartolucci

C’est exercer ses capacités à organiser les informations en mémoire et à les rappeler ... vers des réseaux de notions en mémoire.

Repères pour aider les élèves à retenir

A. Pour bien retenir une leçon, s’assurer de ce qu’on comprend.

  • 1. Repérer pour quoi on apprend :
    • Pour exprimer des informations sur des notions : leur définition, leur réseau de signification, des exemples, des notations, …
    • Pour exprimer des informations sur les situations et évènements : faits, contexte, chronologie, causes et conséquences.
    • Pour engager des actions : mettre en œuvre des procédures, des démarches, des méthodes …
  • 2. Anticiper les situations dans lesquelles on devra montrer que l’on sait.
    • Réciter par cœur (oral / Ecrit)
    • En parler avec ses mots (oral / Ecrit).
    • En parler avec ses mots mais en respectant un vocabulaire spécialisé (oral / Ecrit).
    • Répondre à des questions (oral / Ecrit).
    • Faire des activités « d’application »
    • L’utiliser dans une production (utiliser des connaissances dans un TP)
  • 3. Repérer les mots importants autour desquels se construit le contenu de la leçon ; s’entraîner à les prononcer et à retenir leur orthographe précise, s’exercer articuler et à restituer l’essentiel autour de ces mots.
  • 4. Relire son cours en cherchant à se rappeler, à « revivre » les temps forts vécus en classe, à se questionner sur la compréhension que l’on en a. Pour cela :
    • a. Verbaliser, rédiger ce qu’on ne comprend pas.
    • b. Chercher le sens de certains mots, de certaines expressions.
    • c. Revenir à des travaux faits en classe (divers supports …) .
    • d. Poursuivre la lecture, revenir en arrière, « brasser », « tamiser » … c’est un travail nécessaire pour retenir une leçon complexe, avec une variété de niveaux d’informations et un vocabulaire peu familier.

B. Faut-il apprendre par cœur ?
Oui si c’est demandé mais ce n’est pas suffisant. Retenir par cœur certains éléments de savoirs permet au cerveau d’aller beaucoup plus vite : en disposant en mémoire de certaines infos utiles on libère l’énergie destinée à les retrouver. Ainsi plus d’énergie est disponible pour traiter des démarches où sont impliqués ces savoirs « acquis ». Mais mémoriser seulement par cœur est insuffisant pour mobiliser les savoirs. Apprendre par cœur est sécurisant, mais cela peut avoir peu d’effets positifs. Il faut s’assurer de la compréhension de ce qu’on à cherché à retenir et que la connaissance acquise est « dynamique » (on a en tête des questions, des activités dans lesquelles elle intervient) :

  • a. Apprendre par cœur une définition, une propriété, une liste de verbe irréguliers est utile pour s’entraîner à la réciter. Mais il convient aussi de s’exercer, selon le cas, à les reformuler avec ses propres mots avec précision, à imaginer des questions du professeur, à rechercher des activités où ils sont utilisés.
  • b. Apprendre par cœur les mots qui figurent sur une carte, sur un schéma, … nécessite que l’on retienne la liste de ces mots. Mais un entraînement répété dans la durée à placer ces mots sur la carte ou sur le schéma en se questionnant sur le sens du tout est un passage obligé.
  • c. Pour apprendre une liste de 20 mots, par exemple, chercher à retenir des paquets de 5 et si possible qui ont du sens
  • d. Pour apprendre un texte de cours long il s’agit davantage de retenir les idées importantes pour être capable de répondre aux questions que l’on pourrait poser que d’apprendre par cœur.
  • e. Pour apprendre une méthode, une démarche … il convient reprendre ce qui a été fait en classe, d’essayer de faire avec et sans modèle des activités, des exercices, reprendre ce qui a été fait en classe. Ici apprendre par cœur est d’un rendement insignifiant.

D. Apprendre avec des appuis « visuels ».
Ecrire ses leçons ou les réécrire en anticipant des repères visuels en s’efforçant d’écrire « visible » (si on doit faire un effort de déchiffrage, on se polarise sur « le détail » et on perd de vue le global). Quelques conseils :

  • a. Marquer, mettre en évidence les différents passages.
  • b. Utiliser des couleurs, des surligneurs et avec un code personnel, mettre en évidence les mots clefs, les sous parties, les passages importants, les indications pour faire des activités.
  • c. En les écrivant ou en les réécrivant, les intérioriser, les revoir en fermant les yeux, revoir des moments du cours associés à ce passage.

E. Apprendre avec des appuis « auditifs ».
Lire sa leçon à haute voix plusieurs fois de suite :

  • a. S’écouter la lire à haute voix.
  • b. Se réentendre la lire à haute voix, réentendre le prof…
  • c. S’enregistrer et se réécouter.
    Comme pour un refrain d’une chanson, les paroles de la leçon vont s’installer en mémoire : la compréhension que l’on a du contenu de la leçon associée à la mémorisation des « paroles » de la leçon vont permettre de la savoir.

F. Apprendre par « reformulation »
Pour s’approprier une leçon on doit pourvoir se la dire, se la commenter, la perler avec ses propres mots :

  • a. La lire et la relire pour réactiver le contenu et le sens.
  • b. S’entraîner à reformuler l’essentiel de chaque partie de la leçon avec ses mots, en compactant les messages qui la composent (éviter de reformuler chaque phrase, qui n’aide pas à comprendre et à retenir les articulations entre les données de la leçon.
  • c. S’entrainer à réécrire avec ses propres mots les grandes lignes de la leçon et relire

G. Apprendre par « reconstitution »
Une leçon à apprendre est une leçon que l’on a suivie, donc, même si on n’en a pas conscience, on a placé en mémoire des éléments qu’il convient de réactiver.

  • a. Livre et cahier fermé, essayer de se rappeler des éléments qui reviennent en mémoire : quelques mots, le titre, des sous titres. Prendre du temps pour retrouver ce qui paraissait enfoui, le noter sur un papier sans ordre à priori. Si des liens, une articulation entre éléments est perçue la noter. Si « on se sent sec », ne pas abandonner, passer à la phase 2.
  • b. Livre et cahier ouvert : on survole, le temps de raviver des souvenirs.
  • c. Livre et cahier fermé : on reprend et on complète l’état de la leçon. Même des éléments qu’on n’a pas relus vont s’activer et revenir en mémoire.
  • d. Livre et cahier ouvert : on survole, le temps de raviver des souvenirs.
  • e. Livre et cahier fermé : on reprend et on complète ....
  • f. Attendre quelques heures.
  • g. Reprendre le tout, remettre en ordre, articuler, organiser, mettre en forme.
  • h. Livre et cahier ouvert : relire alors le cours dans le détail en ayant en tête l’état de la leçon.
  • i. Livre et cahier fermé : reprendre l’état de la leçon et compléter.
    Mettre au propre l’état de la leçon. C’est un aide mémoire pour le futur … mais il est vraisemblable que la leçon est intégrée.

H. Apprendre par « mise en réseau », par synthèse schématique …
Pour faire une synthèse de ce qu’il faut savoir sur un domaine :

  • Eléments caractérisant la sphère.
  • Droites perpendiculaires
    on peut réaliser une « carte mentale ».
    C’est une mise à plat sur papier de tous les éléments de savoirs relatifs au domaine et une articulation de ces éléments entre eux. Des élèves peuvent faire cela sur un thème de savoir, le compléter, comparer les productions … Ici le rôle de l’enseignant n’est pas de donner le réseau idéal (qui n’existe pas) mais de questionner les élèves pour qu’ils prennent conscience des manques. Carte mentale sphère Carte mentale perpendiculaire
    Types de cartes mentales :
  • 1. Réseau hiérarchisé : Pour un thème ou une notion, on relie des sous thèmes. (image de la marguerite) Sur chaque sous thème s’articulent de nouveaux sous thèmes de niveau 2 : on a une représentation en réseau et hiérarchisée du thème.
  • 2. Ilots : Pour un thème on l’état de toutes les idées (îlots) qui s’y rattachent sans hiérarchie. Dans un 2ième temps on les relie (sans hiérarchie structurelle).
  • 3. Réseau « argumenté » : A un thème ou une notion on relie des éléments avec la contrainte chaque lien créé soit explicité (bulle grise sur le schéma). Types de cartes mentales Remarque : Il existe divers logiciels chacun performant pour réaliser des cartes mentales avec les élèves. Un logiciel simple et gratuit, pour lequel les élèves peuvent rapidement se familiariser avec les fonctions de base (largement suffisantes), est Freemind.