PRATIQUE MATH

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Prendre en compte l’hétérogénéité comme un fait et non comme une anomalie à supprimer

Dernier ajout : 26 janvier 2015.

Ce que différencier ne veut pas dire ...

  • Différencier pour l’enseignant, ce n’est pas débusquer les élèves qui n’ont pas eu un développement conforme afin de les "traiter" autant que faire se peut, à la fois pour leur rendre service mais aussi pour que leur difficultés ne perturbent pas trop le fonctionnement normal de la classe et des élèves, ceux qui peuvent suivre des activités normales et en conformité de ce qu’il est normal de faire au niveau donné.

    Ce que différencier veut dire ...

  • Différencier pour l’enseignant, c’est accepter dans son action ordinaire en classe de mettre en place des organisations (espace, temps, groupes) et des modalités (rôles, outils, protocoles) qui permettent aux élèves d’y trouver ou d’éprouver des sollicitations adaptées à leur potentiel d’implication, et sur la durée, favorables à « leur » engagement pour apprendre.
  • Différencier pour l’enseignant ce n’est pas traquer à chaque instant tous les besoins d’élèves, les répertorier pour rechercher autant d’activités qu’il y a de « pannes » à réparer pour enfin, les prendre en charge dans un environnement « mythique » de parcours individualisé. Au delà du fait qu’une telle perspective serait difficilement tenable en termes de faisabilité, on mettrait en œuvre une conception de la remédiation bien trop simpliste et mécanique. L’élève est une personne avec ses aspirations légitimes, ce qu’il ne réussit pas en maths et ailleurs n’est pas à prendre au pied de la lettre. Le contrôle technique avec les réparations qui en découlent est envisageable pour une voiture mais ne marche pas avec les êtres humains. Chosifier l’élève se heurte très vite à la question de la place qui lui est à faire en tant que personne globale, et ce, même pour des élèves qui ont un bon rapport à l’école.
  • Différencier pour l’enseignant c’est croire viscéralement (sans mièvrerie ni naïveté) que chaque élève a forcément un potentiel de compétences et que, ce qui importe pour l’enseignant, c’est de parvenir à l’amener à en prendre conscience, lui l’élève, changer de posture par rapport à lui même, progressivement se projeter dans le temps des apprentissages mathématiques comme personne avec ses aspirations, ses rêves, ses désirs et vivre des questions de savoir, se poser des défis, se donner des buts. Dans ce cas différencier c’est mettre en place des situations, dont les modalités le conduisent « naturellement », à vivre des « problèmes » complexes qui l’interpellent, qui le portent à verbaliser ses conceptions, à les confronter à d’autres, qui ne lui demandent pas de décider d’apprendre mais qui le portent à le faire.
  • Différencier pour l’enseignant c’est reconnaître que dans la classe en grand groupe ou en sous groupes, une organisation qui crée les conditions favorables pour des verbalisations, des interactions entre élèves, des confrontations et les explicitations progressives qui en découlent (sur les démarches et ce qui est compris) est souvent plus essentielle à l’apprentissage et à la construction des savoirs de chacun que le discours organisé que peut dispenser l’enseignant.
  • Différencier pour l’enseignant, c’est proposer, pour un apprentissage « standard », différents itinéraires au choix des élèves, non pas seulement en fonction de leur « supposé » niveau mais en fonction de leurs goûts, de leurs questions prioritaires (besoins stratégiques dans leur parcours) ou de ce qu’ils peuvent réussir dans une logique d’enjeu ou de défi.
  • Différencier pour l’enseignant c’est refuser de faire le jeu de la distillation fractionnée avec une suite de questions progressives qui conduisent certains élèves à n’avoir jamais la satisfaction d’avoir réussi à résoudre la totalité d’une épreuve ou d’un problème. Différencier c’est apprendre à tous les élèves à résoudre de vrais problèmes mais en variant les conditions de réalisation, la complexité de la démarche engagée, l’étendu des connaissances en jeu.
  • Différencier pour l’enseignant c’est développer chez chaque élève un sentiment de compétence mais aussi s’organiser pour attester chez chacun des seuils de maîtrise pour des familles de problèmes clairement identifiées.