PRATIQUE MATH

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Du port folio papier à une plateforme numérique

samedi 27 septembre 2008, par Alfred Bartolucci


Un bilan positif mais des insatisfactions et des limites

La démarche nous paraît aujourd’hui assez stabilisée dans ses diverses phases et dans les modalités pratiques du protocole à mettre en œuvre. De plus elle répond bien en actes aux besoins des élèves. Assez vite les élèves jouent le jeu du travail sur le palier de complexité qui leur est adapté (piste blanche, verte ou noire). Plus que cela, ils découvrent l’enjeu des activités liées à une même compétence : en réussir le plus possible et ce à des seuils de complexité maximum par rapport à ce qu’ils peuvent parvenir à réussir plutôt que d’avoir une bonne note qui ne dit en rien ce qu’il sait faire. Dès les premières semaines ils se sont donnés une "représentation" des cinq compétences sur lesquelles ils doivent acquérir un palier de maîtrise, même si celle-ci pourra évoluer encore et se préciser. Enfin, avant le milieu de l’année scolaire, la plupart d’entre eux sont en mesure, certes à leur façon, d’objectiver ce qu’ils savent faire sur une compétence donnée en exhibant des réussites qu’ils ont obtenues et qu’ils ont collectées comme éléments de preuve.

Pour satisfaisante qu’elle apparaisse, la mise en œuvre de la démarche port folio avec comme support un classeur des réussites dans sa version physique (sous chemises et feuilles de positionnement) a des limites :

  • Lourdeurs des modalités pratiques à certains moments de la démarche,
  • Difficulté d’appréhension et de traitement par les élèves à la globalité des informations collectées sur une multitude de feuilles et de documents : perte d’informations, sous exploitation ...
  • Rapport peu aisé de certains élèves à des variétés d’écrits sur papier.
  • Retards de réactivité de l’enseignant aux réussites collectées par l’élève dans son classeur :
    • L’objet classeur doit être transporté, il n’est pas toujours disponible pour l’enseignant, il peut être volumineux, pas facile à consulter, pas facile à décrypter en l’absence de l’élève, ... il faut attendre de rencontrer l’élève pour lui demander des précisions ... et ne pas oublier de le faire. Le problème rapporté à la dimension d’une classe est épineux.
    • Après plusieurs semaines d’un tel fonctionnement, le volume des informations à traiter par l’enseignant appelle une gestion lourde des positionnements des élèves par l’enseignant. Un retour à l’élève sur support "physique", forcément en différé de plusieurs jours a des répercussions sur la manière dont l’élève prend en compte ce retour.
  • Aspect statique de l’outil : en particulier quand un élève a rédigé son positionnement sur une compétence à partir de plusieurs travaux, toute nécessité à améliorer ce positionnement conduit à réécrire le tout ce qui est fastidieux.

Vers une plateforme numérique

La mise en place d’une plateforme numérique vise entre autres à permettre aux élèves de réaliser leur positionnement sur leurs réussites pour chaque compétence en ligne et à l’enseignant de les suivre le tout avec moins de lourdeur et plus de souplesse.

  • On dispose d’un état de collecte des réussites qui n’est pas dispersé sur autant de classeurs que d’élèves. Sur la même plateforme par simple clic l’enseignant a accès à l’espace de positionnement de chaque élève.
  • Les élèves peuvent effectuer leur positionnements aux différentes étapes du parcours sur une plage de temps fixée mais qui leur laisse une marge d’initiative.
  • L’enseignant a la contrainte d’assurer une veille mais sur une période limitée ; le retour à l’élève qu’il fait en ligne (ajustement du positionnement de l’élève, reconnaissance d’un seuil de maîtrise) a l’avantage d’être instantané de plus il y a des possibilités d’interactions à distance. Une telle réactivité permise par l’outil "plateforme" induit chez les élèves une réelle attente du retour de l’enseignant, la consultation et la prise en compte de ce retour est de fait plus motivée.
  • La plateforme ouvre à des possibilité d’accès à une base de ressources :
    • Banque de problèmes classés par compétences classés selon divers critères (savoirs en jeu, situation de référence, complexité, …) laissant aux élèves la possibilité de tenter des défis ou de s’entraîner sur ses besoins.
    • Banque d’activités sous Excel, Power Point, ... permettant un auto entrainement par choix libre sur divers savoirs et savoir-faire.
    • Des présentations dynamiques (Power Point, Vidéos, Excel, géométriseur, ...) mettant en scène une notion, une démarche, une procédure en vue d’une aide à sa compréhension.
    • Divers éléments d’histoire des maths, ouvrant les élèves à la dimension culturelle des savoirs mathématiques, la facette humaine de ces savoirs.
    • Une variété d’activités problématiques, énigmes, paradoxes ... mises en scène dans des présentations dynamiques qui engagent les élèves dans une des attitudes fondamentales en mathématiques : apprendre à chercher, à sécher, à ne pas trouver tout de suite ... _Ces éléments mis à disposition des élèves sur la plateforme modifie le contrat scolaire : tout ne se passe pas en classe, tout n’est pas "sous ordre" à la maison ; l’élève a les conditions d’un engagement choisi et consenti dans sa formation mathématique.
  • Possibilités d’interactions à distance entre les élèves de la classe : la modalité ouverte sur des questions mathématiques vise à favoriser des échanges à distance dans le but de résoudre des problèmes.