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Validation du socle commun : Livret personnel de compétences Mai 2010

Un monde persque parfait !

dimanche 9 janvier 2011, par Alfred Bartolucci


Dans une communication la DGESCO présente le livret de compétence de compétences en ces termes :

Le livret personnel de compétences est un triptyque :

  • Attestation palier 1 : Renseignée en fin de CE1
  • Attestation palier 2 : Renseignée en fin de CM2
  • Attestation palier 3 : Renseignée en fin de scolarité obligatoire

Une méthode de validation souple et progressive

  • qui concilie le nécessaire cadrage national du processus des marges d’initiative pour les établissements et les équipes pédagogiques,
  • un compromis entre des exigences parfois contradictoires,
  • ni « usine à cases », ni simplisme excessif.

Processus de validation du socle commun au collège

  • La validation s’effectue exclusivement au niveau des 7 compétences
  • Chacune des sept compétences doit être validée pour que la maîtrise du socle soit validée : pas de compensation
  • Les domaines ne sont pas un niveau de validation

Processus de validation du socle commun au collège

  • Compétence → niveau de validation
  • Domaine→ niveau non renseigné
  • Item → niveau d’information

Processus de validation du socle commun au collège -* Une compétence peut être validée même si tous les items ne sont pas renseignés

  • Les équipes enseignantes sont libres de renseigner ou pas les items pour une compétence validée
  • Elles sont en revanche tenues de renseigner les items d’une compétence non validée.

Le LPC, une aide à la personnalisation des parcours
Collège -lycée

  • A l’entrée en 2e l’équipe pédagogique s’appuie sur le LPC pour évaluer les besoins spécifiques de l’élève et organiser en conséquence l’accompagnement personnalisé.
  • Les compétences non validées au palier 3 doivent être retravaillées au lycée ou au centre de formation d’apprentis.

Si les formulations des items du livret paru en mai 2010 sont des améliorations par rapport à la version "officielle" de 2009, il n’est de mon point de vue, pas assuré que les modalités proposées pour attester le socle dans ce document de la DGESCO soient très favorables à une mise en œuvre du socle en cohérence avec les enjeux initialement assignés.
Voilà un document qui suppose un monde presque parfait ! Le paquet est mis sur l’attestation : on dit simplifier et on le fait effectivement mais on reste centré sur des reports de dates, des décisions d’attribution mais sans préciser

  • par qui et qui sont les « qui » ...
  • sur quoi .... plusieurs enseignants, plusieurs disciplines étant impliqués ...
    Même très simplifié la philosophie de la validation proposée pour l’attribution du socle commun reste de forte inspiration analytique ... Il suffirait que le tout soit géré par un logiciel (GISCO ou autre) pour avoir un effet pieuvre qui serait bien éloigné des attendus du socle commun. Comment accompagner des équipes pour mettre en place un tel « méga protocole » d’autant que rien n’est dit sur toutes les opérations qu’il suppose ?
    La magie des mots joue à plein. On se situe dans l’attestation déclarée par « compétence » mais quel rapport ce qui est préconisé a-t-il avec l’approche et l’évaluation par compétences ? Si le « nouveau » livret a des formulations bien plus pertinentes, on reste, voire on précise une vision très rationnaliste lourde contradiction avec les fins mêmes du socle. Ce qui est inquiétant, c’est le caractère « apparemment raisonnable » de ce qui est proposé et qui pourrait rassurer et séduire des équipes. Alors que le travail à engager par les équipes à propos du socle devrait d’abord consister à se mobiliser pour que de la sixième à la troisième les élèves maîtrisent effectivement des seuils planchers sur des compétences qui sont dites du socle (mais en fait, ce ne sont pas les compétences qui sont du socle, mais des seuils de maîtrise de ces compétences. Ceci n’est pas une nuance : c’est le fond même, de ce qui constitue l’approche par compétence . L’élève n’est pas dit faible ou fort mais est dit à tel seuil de maîtrise et est accompagné pour progresser sur divers seuils. Aussi, dans ce cadre, la question de l’attestation en fin de parcours n’est pas primordiale. Ce qui importe, dans la mise en œuvre du socle c’est de penser des organisations par équipes disciplinaires sur quatre ans et par équipes de niveaux (6° à 3°), qui s’inscrivent dans l’approche par compétences et qui sur la base de divers seuils planchers, permettent de disposer de divers signaux d’alerte pour différencier les apprentissage et l’évaluation. Dans ces conditions, en collectif, on disposerait d’un cadre pour repérer des besoins stratégiques pour divers élèves et prendre des décisions de suivi en CC dans le but d’intervenir en priorité pour la maîtrise au moins de seuils planchers. Les types de décisions à prendre sont aussi un champ de clarifications indispensables dans le cadre de la mise en œuvre du socle commun pour sortir de la logique du soutien classique. Dans une telle perspective, le présupposé est qu’en fin de parcours tous les élèves (sauf de très rares exceptions) seraient attestés. Si on s’en tient aux attentes planchers du socle, une majorité d’élèves, seraient sollicités sur des seuils au dessus des seuils planchers, d’où un intérêt mitigé à faire trop de publicité à l’atteinte du seuil socle qui devrait être plus une alerte s’il n’était pas atteint, qu’un but s’il peut être dépassé. Par anticipation chaque élèves pourrait se voir reconnaître le socle, et placé en litige en cas de signal d’alerte avant d’être rétabli dès que le seuil plancher est maîtrisé. Ainsi, dans les faits la mise en œuvre du socle permettrait d’accompagner les élèves, aussi bien pour maîtriser les attendus du socle que des seuils au-delà du socle. L’approche par compétence c’est « sortir du je suis nul » pour mieux attester ce que sait faire l’élève et jusqu’où, c’est favoriser des progrès de chacun en fonction de son seuil proximal de développement. Au delà d’être plus « dynamique » en pratique qu’une approche analytique de collecte de dates de réussites à des seuils planchers, l’approche que nous appelons de nos vœux nous paraît plus portée à favoriser l’engagement des élèves … Dans le document de la DGESCO, tout est axé sur l’attestation : cette importance à l’attestation pourrait être lue par certains acteurs, comme si dans la mise en place du socle, on n’envisageait pas qu’il soit totalement dans l’ordre de choses que chaque élève ait le socle et que cela ait du sens. L’idée sous-jacente est « si tout le monde l’a, c’est qu’on le donne ! … et ça n’a plus de valeur ». Mais cette position signifie qu’il y a confusion dans la conception du socle entre, socle seuil plancher de maîtrise parmi d’autres seuils … et socle « norme qualité », Label attribuée en fin de scolarité (comme on l’attribue à certains produits de consommation). On peut comprendre que le ministère accorde une importance particulière à l’attestation afin de marquer institutionnellement l’orientation prise par le système éducatif avec la mise en place du socle. Il est moins aisé de le suivre quand l’orientation prise par le système semble se réduire à la mise en place de l’attestation, la communication officielle passant sous silence, toutes les conditions à créer, sans lesquelles l’attestation pourrait bien fonctionner mais à vide. Cela est d’autant plus questionnant, que le socle, dans la cadre d’une Loi, est lié à un engagement de l’état à assurer la maîtrise, authentique et non factice, de compétences par chaque jeune scolarisé.