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Représenter des informations, lire des représentations

Autonomie et initiative

mardi 11 octobre 2011, par Alfred Bartolucci


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Divers modes et formes pour représenter un phénomène, une situation, un principe …

Toute représentation traduit certains attributs de ce qu’elle est sensée représenter.

  • Le plan d’une maison représente en deux dimensions et selon des conventions la forme et la disposition des pièces de la maison à une échelle donnée.
  • La représentation graphique de la variation du volume d’un cube en fonction de la mesure de son arête permet de faciliter l’analyse et l’interprétation de cette variation. Dans ces deux cas, le fait qu’on n’ait représenté que certains attributs de la situation de base, fait que la lecture directe de chacune de ces représentations nécessite de disposer des codes pour identifier de quoi il s’agit.
    On peut distinguer quatre grandes catégories de représentations : dessin, croquis, schéma, graphique. Chacun de ces mots peut prendre, selon le domaine dans lesquels on l’emploie et selon divers auteurs, un sens différent du sens qui leur est initialement attribué. Avec cette réserve nous proposons une définition de base pour chacun :
  • Dessin : Représentation aussi exacte que possible de la « réalité perçue », respectant les formes, les proportions, traduisant autant que possible les détails avec une exigence de netteté et de propreté des tracés. Le dessin figuratif renvoie à la « Géométrie du vécu ». Traduire le réel et contrôler cette traduction par confrontation au réel.
  • Croquis : Représentation visuelle d’un message relatif à la « réalité représentée » ; les formes et les proportions sont respectées mais les détails inutiles ont été supprimés. Un croquis met l’accent sur les traits essentiels au message à transmettre (ce qui est important pour l’auteur, ce qui traduit l’aspect problématique à communiquer). En mathématiques, le dessin aux instruments en référence au mieux implicite aux propriétés des objets représentés et traduisant synthétiquement des formes (plateau d’une table par exemple) se réfère à la Géométrie de l’observé.
  • Schéma : Représentation faisant abstraction des formes de la réalité perçue et utilisant des codes et des conventions pour rendre compte des relations, des positions, des mouvements, des fonctionnements… Un schéma comporte une légende qui explicite le codage utilisé dans la représentation. En mathématiques, toute représentation à main levée (figure) ou aux instruments (construction) en référence explicite aux propriétés des objets représentés et traduisant des propriétés caractéristiques de ces objets, ou des relations entre objets se réfère à la Géométrie du raisonné
  • Représentation graphique : Représentation visuelle de données en lien avec une situation ayant pour base la géométrie analytique. Le but d’une représentation graphique est de faciliter l’analyse et l’interprétation des données représentées dans le but de mettre en évidence « visuellement » certaines informations relatives à la situation. Il existe plusieurs systèmes (conventions et codes divers) pour représenter graphiquement des données, chacun a un périmètre d’utilisation. Le choix de tel ou tel système est fonction de l’intention de la représentation. Pour un système donné, le choix de certains paramètres influe sur la qualité de l’information donnée à lire.
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Schématiser dans divers domaines

Lire une représentation

Pour lire une représentation il est nécessaire de

  • connaître les codes et le symbolisme intervenant dans sa réalisation
  • de disposer de savoirs de référence en lien avec ce contexte
  • d’identifier son contexte de référence et celui de sa communication
  • de repérer sa nature et sa fonction.

Une représentation peut être de diverses natures dans le sens où elle rend compte :

  • d’un principe
  • d’un phénomène
  • d’une configuration spatiale
  • de dépendances ou d’interdépendances,
  • d’un problème
  • d’une chronologie,
  • d’un fonctionnement
  • d’un aspect physique (forme, éléments constituants, couleurs,…)
  • d’une procédure
  • d’une organisation
    Une représentation peut avoir pour fonction de traduire :
  • une apparence visuelle
  • des éléments constituant une partie ou un tout
  • des positions relatives
  • une structuration temporelle, chronologique,
  • une structuration hiérarchique,
  • une structuration fonctionnelle,
  • une structuration logique, déductive,
  • un protocole spatio-temporel
    Cette liste de natures et de fonctions d’une représentation n’est pas exhaustive.

Les enjeux du choix de représentation

Voilà six représentations liées au cube dans le sens de solide. Toutes ne rendent pas compte d’un même aspect et toutes, loin s’en faut, ne sont pas explicites. Pour les lire il est indispensable de disposer de codes et de connaissances : représentation en perspective des objets de l’espace, patrons de solides de l’espace, mise en formule de relations entre grandeurs, représentation graphique de la variation d’une donnée en fonction d’une autre. cube 1 cube 2
Même quand la représentation est figurative, elle peut poser des problèmes de lecture : ça peut être le cas ici, pour certaines personnes pour la perspective cavalière. Toute représentation, dans tous les cas permettre de faire apparaître des informations « cachées ». C’est la un enjeux majeur du bon choix de la représentation dans une situation donnée.

Pièges de représentations.

Représenter une situation nécessite de maîtriser les savoirs liés à la situation et divers systèmes de codes et de symboles. camembert

  • 1. Cette double maîtrise est essentielle car on peut souvent utiliser un système de codes et de symboles sans que celui-ci soit adapté à la situation. Dans ce cas la représentation a un caractère absurde. C’est le cas ci-contre si on représente l’évolution de la fière d’un malade sur 5 jours par un graphique camembert.
  • 2. Mais pour un système adapté à la représentation d’un phénomène des paramètres à choisir pour le représenter, à partir des mêmes données peuvent conduire à des « traductions » différentes en surface qui peuvent induire des interprétations contradictoires si on s’en tient aux apparences. C’est le cas pour les trois graphiques ci-dessous réalisés à partir des mêmes données. dégradation 1 dégradation 2 dégradation 3

Autant dire, qu’à première vue on n’est pas porté à faire des commentaires convergents pour les trois graphiques. Et pourtant …. _ Pour une représentation graphique on peut éviter ces pièges en se donnant quelques points de repères :

  • 1. A quelle fin engage-t-on la représentation :
    • pour traduire une évolution
    • pour comparer des grandeurs ou une répartition Dans le premier cas on choisira le format courbe d’évolution dans le deuxième selon un graphique en bâtons, un histogramme ou un diagramme camembert.
  • 2. Ce choix fait d’autres en découlent :
    • Va-t-on graduer à partir de zéro ou à partir d’une autre valeur (ce qui permet de zoomer sur une partie de la représentation) ? Mais cela aura des incidences sur ce qui est donné à interpréter.
    • Va-t-on représenter les valeurs brutes ou des rapports de valeurs ? Dans ce dernier cas, quelles valeurs de référence à partir desquelles on calcule ces rapports de valeurs ? La valeur de référence est-elle fixe ou variable (par exemple représentation du taux d’accroissement par rapport à la première donnée ou représentation du taux d’accroissement par rapport à la valeur précédente ?)
    • Va-t-on sur l’axe des abscisses respecter les écarts entre valeurs ou traiter les données en abscisses comme qualitatives (dans ce cas on place les données dans l’ordre à égale distance l’une de la suivante) ?
    • Quelle unité va-t-on choisir sur les axes ? Cela donnera un graphique plus ou moins écrasé … et il faudra en tenir compte dans son interprétation.
  • 3. Pour une représentation à des fins de comparaison choisir un diagramme en bâtons ou figuratif à 2 dimensions peut avoir des conséquences sur l’information signifiées : pompes
    • Si pour le figuratif les aires (ce qui est normal) sont proportionnelles aux valeurs, le lecteur peut avoir l’impression de valeurs « tassées » par rapport au diagramme en bâtons.
    • Mais si on ne tient compte que de la hauteur dans le figuratif, chaque image état multipliée sur les deux dimensions, la lecture est faussée : dans l’exemple de l’évolution du prix du baril, entre 2005 et 2008 alors que le coefficient est environ de 2, les images des 2 pompes suggèrent une augmentation bien plus grande.